Sur
le mariage homosexuel et l'homoparentalité
Deux principes communs du droit européen sont contraires aux lois
françaises du mariage en cela qu’ils ont valeur constitutionnelle
commune dès lors qu’ils relèvent des droits de l’homme :
1) Celui de la non-discrimination sexuelle entre hétérosexuels et
homosexuels pour tout ce qui concerne l’exercice des droits humains
fondamentaux auquel on peut et on doit, selon moi et d’autres pays
européens, adjoindre celui de fonder une famille.
2) Celui qui refuse toute inégalité entre les hommes et les femmes dans
l’usage de ce même droit ; or refuser aux homosexuels le droits d’avoir
des enfants avantage les femmes homosexuelles qui peuvent toujours en
avoir dans un cadre hétéro-sexuel mais sans reconnaissance de paternité
parle père biologique ce qui est une pratique courante, aux dépens des
hommes homosexuels qui ne le peuvent pas.
On oppose le plus souvent à l’homoparentalité l’intérêt supposé des enfants qui pourraient être socialement et par conséquent psychologiquement victimes du fait d’être éduqués par des parents homosexuels; mais, sauf à supposer qu’ils le soient vraiment, ce qui n’est en aucun cas démontré pour tous les cas connus (beaucoup d’études démontrent même le contraire), il faut dire que, s’ils sont en butte à quelques difficultés, celles-ci tiennent non pas au fait de l’homosexualité des parents mais à la discrimination homophobe de la société et de ses mœurs en retard sur le droit commun; du même coup cette discrimination devrait être considérée comme sans valeur juridique au regard du droit européen reconnu en interne par chaque droit national et du point de vue même de l’intérêt et du droit des enfants de parents homosexuels à ne pas être discriminer.
Un fait ne fait pas droit et une loi n’est pas forcément légitime, dès lors qu’elle viole un principe fondamental du droit. Si une société refuse d’appliquer un principe du droit en ce qu’il a d’universel, c’est qu’elle a des progrès à faire en matière de droits de l’homme ainsi que pour mettre ses lois en conformité avec eux; or elle ne le fera que sous la pression des mouvements sociaux en faveur de ceux à qui ces droits sont illégitimement (et non pas illégalement) refusés en contradiction avec les principes hiérarchiquement supérieurs, car universels, du droit commun: un loi discriminante ne peut être qu’une loi illégitime du point de vue même du droit, non seulement européen mais aussi de chaque pays européen. Et si le droit européen admet que chaque pays fixe ses règles internes du mariage, sans aucune contrainte de droit, c’est à dire sans tenir compte des principes non-discriminants du droit commun, cela signifie qu’à son tour le droit européen manque de cohérence. Or un droit incohérent est un droit dont l’autorité devient contestable en droit, cela le fragilise nécessairement dans sa fonction régulatrice.
Cette incohérence, nous le savons, reflète toujours le conflit permanent entre une tradition plus ou moins religieuse qui ne reconnaît pas l’égalité des droits entre les différentes formes de sexualité et qui a tendance à confondre mariage religieux (or nul n’a à être soumis à une croyance discriminante qu’il ne partage pas) et mariage civil et le droit libéral et laïc. On reconnaît là la difficulté pour le droit d’être pleinement laïc , c’est à dire rationnel (cohérent), et ce n’est pas un moindre paradoxe de voir la France en retard sur l’Espagne sur ce point.Entre les deux positions il n’y pas ni symétrie, ni photo; les uns sont universalistes pas les autres.
Les
authentiques communautaristes sont ceux qui prétendent refuser aux
homosexuels des droits qu’ils n’attribuent qu’aux hétérosexuels.
Comme
quoi, ceux qui braillent contre le prétendu communautarisme des
homosexuels valident l’adage: "c’est celui qui le dit qui l’est"
Je suis en effet de l’avis de Derrida: le
mariage civil ne s’impose plus: un simple contrat sans cérémonie
suffirait (du reste le PACS est en train de se généraliser), mais si le
mariage civil existe (encore) avec des droits dont celui d’élever des
enfants alors qu’il soit permis à qui veut se marier quelle que soit sa
sexualité. Quant au mariage religieux, franchement, ce
n’est pas le débat, cela ne concerne que ceux qui croient et nul ne songe à leur interdire leur rituel. Pour
bien me comprendre et comprendre Derrida, il faut ajouter que selon
nous l’homosexualité n’existe pas (c’est une catégorie-fiction sociale
plus ou moins commode, telle l’aristocratie, ayant plus ou moins de
sens dans telle ou telle formation politique et sociale) car chaque
individu vit une sexualité propre et différente de celle des autres. Si
deux êtres accordent leur sexualité tant mieux pour eux, mais il
restent toujours sexuellement psychiquement différents, c’est à dire
hétérosexuels.
Je me situe en effet dans le cadre de l’état
de droit qui nous régit, au moins en principe, et celui-ci pose que les
droits fondamentaux (dits "droits de l’homme") dont celui de construire
une famille sont égaux et donc que les discriminations dites sexuelles
doivent être à terme abolies. Si vous n’en êtes pas d’accord,
dites-nous quelles inégalités des droits entre les individus vous
semblent indispensables de restaurer, pourquoi et qui peut en décider
et au nom de quoi? Ainsi la position contre l’homoparentalisté
est, dans le cadre du droit démocratique égalitaire, tellement faible
que ses partisans n’osent pas l’attaquer sur le fond et se contentent
de déclarer, sans aucune preuve, que les enfants en souffriraient.
Mais, à ce titre, autant interdire le divorce et la monoparentalité. De
plus rien de tel que d’admettre l’homoparentalité (mariage PACS ou pas)
pour faire disparaître progressivement l’homophobie dans notre société
qu’elle condamne en principe sans vouloir encore en tirer toutes les
conséquences. C’est un question de temps et tout contre-feu sur ce
thème ne peut objectivement être qu’un combat d’arrière garde avant la
défaite, sauf à abolir les droits de l’homme. Le
problème du refus de l’homoparentalité est un problème de cohérence du
droit,. Si on peut être
philosophiquement pour un tel refus, il faut faire un effort pour nous
proposer une révolution conservatrice ou restauratrice et globalement
inégalitair . Au moins les choses
seraient claires. Mais je doute que les adversaires de l'homoparentalité aient un tel courage politique...
Il convient d’ajouter à mon argumentation
qu’il n’ y aucun rapport d’identité entre l’égalité des droits
fondamentaux et l’indifférenciation des personnes: celles-ci peuvent
être différentes sans être inégales. Je suis différent de mon épouse
mais cela ne me donne aucun droit de la soumettre à ma volonté ou de
lui refuser la liberté que je m’accorde... De plus nul
ne prétend interdire la famille dite hétéroparentale (et pour moi ces
termes sont des fictions sociales car nous sommes tous hétéros, y
compris ceux qui sont dits ou se disent homos) mais je ne vois pas en
quoi ils interdirait eux l’homoparentalité. Là encore deux poids deux
mesures. Quant à l’argument que les enfants auraient
besoin d’un repère dual pour être équilibré, il ne tient pas; les
soi-disant homos assument la dualité des rôles masculin/féminin au
moins autant que les autres, tous ceux qui en connaissent le savent... Je
m’étonne que certains qui se disent philosophes continuent à argumenter
à partir de la confusion logique qui consiste à refuser l’égalité au
nom des différences biologiques ou sexuelles..Pourquoi par l’apartheid
entre soi-disant homos et hétéros, dans les bus ou ailleurs (à l’école
par exemple), tant qu’ils y sont? Derrière l’homophobie le machisme pointe toujours sa queue!
Une femme peut-elle être père?
Les comportements homosexuels n’existent
pas réellement mais ne sont qu’une construction ou fiction sociales:
nous sommes tous sexuellement singuliers; c’est à dire hétérosexuels. L’homosexualité
n’est devenue une revendication sociale que par le seul effet de la
discrimination que le droit actuel, issue d’une vieille morale
particulière, voire religieuse, impose à ceux qu’elle désigne comme
homos, vis-à-vis du mariage et surtout de l’homoparentalité. Levez
cette dernière différenciation fictive et la
sexualité ne sera alors rien d’autre qu’une affaire
privée. Le 27/03/06
Homo-parentalité et machisme. Le débat sur l’homosexualité se double du débat sur l’homoparentalité,
ce qui est parfaitement logique : dès lors que la première est reconnue
on voit mal au nom de quel devoir hétérosexuel la seconde ne le serait
pas . Ce qui justifierait une éventuelle interdiction de
l’homoparentalité serait que les enfants souffriraient nécessairement
de cette situation ; or toutes les études existantes infirment -et
nombreux sont les enfants élevés par deux parents du même genre
social (2 à 30000 en France) et non pas de même sexe ce qui autre
chose (voir plus loin) . le 06/03/09 Comme je le montre, il
ne s’agit pas d’une question de nombre des familles , homoparentales
mais de droit ! Le seul fait qu’elles existent leur confère déjà des
droits (scolarité, santé etc..). Pourquoi pas tous les droits des
autres familles ? Il
est très significatif de constater, mariage ou pas, que beaucoup, et
parmi les plus lucides, ne comprennent pas que des couples dits
homosexuels (la question de savoir
si les soi-disant homosexuels existent hors du genre et du rôle social
qui leur est attribué et qui est toujours susceptible d’évoluer
comme
le montre la remise en cause de l’ autorité paternelle
traditionnelle
au yeux du droit, dès lors que nous sommes tous, en tant
qu’inividus, sexuellement différents est aussi une question que je
laisse pour le moment de côté) sont déjà dans les faits dès lors que
des milliers de femmes dites homosexuelles peuvent sans vous demander
votre avis procréer tout en étant reconnues comme mères légitimes et
tout en partageant la tâche éducative de leur enfants avec leurs
partenaires femmes.
Affirmer sans preuve -et même contre toutes les études
existantes- que l’avenir affectif et cognitif des enfants de couple
dits homosexuels seraient nécessairement perturbés est une faute de raisonnement ;
tout au plus peut-on dire que des problèmes de reconnaissance
sociale pourraient apparaitre dûs plus à l’homophobie ambiante qu’à
l’homosexualité en tant que telle. Or celle-ci par la loi contre ce
genre de discrimination doit être sanctionnée.
Ce qui fait que cet argument se retourne comme un gant, dans la
situation qui est aujourd’hui la nôtre, et sauf à vouloir revenir sur
la loi anti-homophobe, on voit mal au nom de quoi, si ce n’est une
motif religieux ou traditionaliste, la soi-disant homoparentalité
devrait être interdite.
D’autant plus que, sur une plan non-religieux ou laïque, et rationnel
l’égalité des droits est un droit quelles que soient les différences
supposées en effet entre les sexes et les pratiques sexuelles.
Reste à s’interroger sur l’importance de la prétendue différence
sexuelle dans le domaine de la parentalité dans une société qui ne
fonde plus la parenté civile sur la parenté biologique .Rappelons en effet que, sur le plan de la sexualité et de ses pratiques, rien ne dit que nous ne soyons pas tous hétérosexuels , y compris les soi-disants homosexuels, c’est à dire tous différents sexuellement et heureusement sinon le désir sexuel ou mieux hétéro- érotique s’éteindrait aussitôt.
Quant aux genres, c’est une construction sociale emminement évolutive,
comme nous pouvons le constater par le débat en cours sur cette
question :un homme, dit sociologiquement tel sur le simple constat de
son sexe biologique supposé, peut être plus féminin en terme de genre
et de comportement social et culturel qu’une femme et vice-versa.
Cela n’ a rien de choquant : chacun est, ou mieux se construit, unique et parfait dans son genre propre (Spinoza)
Ce qui reste vrai, c’est que toutes les
statistiques et études existantes sont concordantes: il n’ y pas moins de
troubles psychologiques chez les enfants élevés par des soi-disant
homos que chez les enfants de divorcés ou de familles monoparentales .
Mais il pourrait en effet y avoir un biais collectif dans les études
existantes du fait que les adversaires de l’homoparentalité refusent
d’en faire sur ce sujet ; ce qui prouve à contrario que leur argument
sur ces prétendus troubles spécifiques est irrationnel, c’est à dire
fondé sur des motifs purement subjectifs, traditionalistes ou religieux
Qu’ils se mettent au travail pour démontrer leur affirmation au lieu de
dénier les travaux existants. On y verra (peut-être) plus clair
Mais alors que l’homosexualité féminine n’entraine dans les faits
aucune interdiction possible de la soi-disant homoparentalité (que je
conteste tout autant que l’homosexualité qui confond sans vergogne
genre social, sexualité biologique et sexualité psychologique) , la
dite homoexaulité masculine interdirait la dite homoparentalite.
Serait-il démontré qu’elle serait plus pertubatrice du développement
des enfants que la première ou que le simple divorce des parents dits
hétéros ou que dans les familles monoparentales ?
Si cela n’est ni démontré, ni démontrable, un règle simpe s’impose en
droit : celle qui nous interdits au no de l’universalité des droits dan
une société libérale toute forme de discrimination entre les diverses
formes de familles et des dites homoparentalités, au nom de l’égalité
des droits et du respect des différences qui ne sont en rien démontrées
plus dommageables que d’autres. Ou alors, pour être cohérent, il
faudrait interdire l’homoparentalité féminine, en refusant aux femmes
femmes vivant en couple avec d’autres femmes le droit d’éduquer leurs
enfants , de même que le divorce et les familles monoparentales ou
recomposées.
Je doute qu'ils aillent jusque là et je pense qu’il leur revient de
se mettre en cohérence avec eux-même dans l’autre sens :
rien ne les autorise, sur le plan philosophique, à discriminer les
dits
homosexuels masculins au nom du prétendu intérêt des enfants, sauf
à verser dans une pour le moins paradoxale vision de
l’incapacité des
hommes en général et des homosexuels masculins en particulier par
rapport aux femmes et aux dites lesbiennes en particulier d’élever
convenablement leurs enfants (vision que ne renieraient pas certaines
féministes extrémistes)pour d’autres motifs) et à penser que le rôle
positif d’un homme est naturellement ailleurs : dans l’exercice du
pouvoir politique sur les femmes et sur les hommes, lissant aux femmes
un pouvoir délégué ou second sur les enfants sous l’autorité ultime de
l’homme sur sa femme.
Comme quoi le vieux fantasme aristotélicien de la nature différente et
essentielle des hommes et des femmes déterminant leur rôle hiérarchique
trouverait leur ultime refuge dans le refus de l’homoparentalité,
particulièrement masculine : une femme qui joue à l’homme (au père) est
certes détestable, mais un homme qui joue à la mère est méprisable...