Les conséquences de la victoire du non au référendum

1° Les résultats ne font que confirmer un pronostic évident: le non n'a pu gagner, comme nous l'indiquent tous les spécialistes, que par l'amalgame entre le non de droite et d'extrème droite souverainiste (25 à 30%) et celui dit de gauche (25 à 30 %)

De deux choses l'une: ou ces deux "non" sont compatibles autour d'une idée sociale-nationaliste ( chassons les ouvriers polonais et les masseuses lituaniennes, interdisons les délocalisations etc...),  et le danger de droite extrème pointe à travers les propos de Le pen et De Villiers; car à ce jeu ils seront toujours les plus culotés et les plus efficaces. Ou ils sont incompatibles, comme le seront éventuellement les non de la France, de la  Hollande, de l'Angleterre, de la Pologne..), mais  alors aucune renégociation du traité, en un sens  internationaliste et plus social, n'est possible. On voit mal en effet la droite souverainiste ici et ailleurs (Angleterre et Hollande) l'accepter.

2 ° En ce cas, la  victoire du non maintient en l'état la troisième partie du traité que refusaient les partisans du non de gauche, sans les parties des droits de l'homme et des droits sociaux . Victoire en trompe l'oeil donc qui ne peut profiter qu'au non de droite plus conséquent;

3° Reste que l'élargissement suppose une modification du traité de Nice pour ne pas condamner l'Europe à la paralysie et à la faiblesse par rapport aux USA et à la Chine (qui a aussitôt après le scrutin français abandonné sa proposition de taxer ses exportations de produits textiles), laquelle ne peut que favoriser à terme l'ultra-libéralisme (qu'il faut distinguer du libéralisme, ce que n'ont  pas fait les partisans du oui de gauche pour son malheur) et par contre coup le non de la droite la plus libérale en économie et réellement antilibérale en politique.

Pour se sortir de cette impasse dans laquelle nous place la victoire du non, la solution la plus probable est que les gouvernements ne pourront pas faire autrement que de modifier entre eux leurs règles de fonctionnement  dans le sens de la partie 1 du traité,  avec ou (peut-être même) sans le pouvoir de co-décision du parlement européen et sans la partie 2 et la section 2 de la partie 3 dont l'Angleterre et peut-être une nouvelle majorité en Allemagne ne voudront pas. Il n' y aura alors plus de référendum sur cette question.
La solution la plus improbable est que l'on fasse revoter les français après un changement de majorité en France sur quasiment le même texte (on a 2ans )  après leur avoir fait constater l'échec patent des résultats du premier référendum.
La victoire du non revient pour les partisans du non de gauche à avoir soulevé une pierre très lourde (belle performance)  pour se la laisser retomber sur les pieds, au prix de ne plus pouvoir marcher.

Merci de votre attention

Sylvain Reboul


Réponse à un partisan du non de gauche qui croit qu'il a remporté une grande victoire!

Il ne suffit pas de vouloir l’Europe très sociale dont vous rêvez (mais qui reste à définir) pour l’obtenir comme par magie, dès lors que nos partenaires ne pensent et ne veulent pas nécessairement la même chose que vous. Ce projet de constitution est et reste le meilleur compromis possible entre des positions opposées qui sont celles les différents pays et populations ; par exemple, la libre concurrence est acceptée partout hors de France comme une condition fondamentale de la démocratie. Le TCE équilibre l’économie de marché qui est aussi affirmée dans la constitution française par le renforcement des droits individuels et sociaux qui n’étaient pas reconnus dans les traités antérieurs, ni même dans la constitution française ; de plus il accorde plus de pouvoir réel aux citoyens sur fond de vote proportionnel au parlement européen que la Constitution de la Vème République dans la quelle nous vivons tous depuis plus de 40 ans.

Or la victoire du non pérennise des traités infiniment moins sociaux que le TCE et qui exigent dans plus de domaines que le TCE l’unanimité. C’est un fait et non une opinion (faites une comparaison, cela saute aux yeux) . Les partisans du non de gauche au nom du rêve illusoire d’une constitution enfin socialiste (sans qu’ils en précisent davantage le contenu) ont fait gagner les plus ultra-libéraux en Europe qui, en Angleterre et ailleurs, s’en félicitent ouvertement. Vous aimeriez que tous se plient comme un seul homme à cette volonté française franchement franchouillarde qui s’est exprimé dans le non, sans rien savoir des autres populations, de leurs opinions et de leur expérience historique. En cela vous êtes plus souverainiste encore que les partisans du non de droite : vous aimeriez que la souveraineté française s’étende à toute l’Europe comme au beau temps de la conquète napoléonienne. Sauf que vous n’avez pas d’armée pour le faire et que votre volonté est impuissante à convertir les autres à vos vues.

je parle du TCE au présent, car selon mon analyse, il n’est pas mort le 29 mai: déjà 10 pays l’ont approuvé, dont l’Allemagne qui est notre partenaire privilégié et doit le rester, et je ne doute pas que, dans l'Europe à 27, il revienne sur le tapis sous une forme ou une autre (certainement plus sous la forme d’une ratification par référendum) , sinon ce serait la paralysie, la déconstruction programmée de la construction européenne et le triomphe de l'ultra-libéralisme, c'est à dire de la dictature du capital financier monopolistique dont toute la stratégie vise à mettre en échec la concurrence libre et non faussée (voir le cas Microsoft).

Vous ne vouliez pas d'une constitution  qui soit un compromis entre les gouvernements et ce que vous avez obtennu c’est l’ultra-libéralisme de la partie 3 sans la contrepartie des droits (partie2 et secteur2 de la partie 3).

Qu’est ce vous avez gagné en votant non ? Le plaisir du dire non comme un enfant dont la rebellion consiste à se taper la tête contre le mur pour faire peur à ses parents. Mais les monopoles et les multi-nationales n’ont rien à faire de vos caprices ; ils croient avoir eu ce qu’ils veulent : un grand marché sans conditions de droits, ni contrôle politique et régulation sociale. Heureusement que la défaite de cette partie n’est pas la fin du jeu.

Vous êtes en tout cas bien en peine de me dire quelle économie non marchande, , non libre et faussée vous voulez. Savez-vous qu’il y a moins de chomage en Angleterre, en Suède, au Danemark qu’en France ? Alors pour le modèle français et les acquis sociaux vous repasserez (voir aussi la piètre performance de l’Education Nationale). De toute manière si vous aviez lu le TCE vous sauriez que les acquis sociaux ne sont pas menacés par l’Europe car ils ne relèvent pas de l’UE, mais de chaque état. Comme beaucoup, vous confondez tout ; mais vous avez une excuse : vous croyez sur parole les responsables politiques qui vous ont dit par démagogie que tout ce qui va mal vient de Bruxelles. Responsables qui, se faisant, se sont pris les pieds dans le tapis.
Mais Chirac s'est-il pris les pieds dans le tapis avec ce référendum? Pas si sûr; il suffit de constater qu'il trouve dans cet apparent échec une  nouvelle situation et un double nouveau rôle très favorables. Il a brisé et pour longtemps toute opposition de gauche  en la divisant comme jamais, ce qui lui permet de remettre Nico et Barlo, côte à côte, en selle, pour enfin détricoter le droit du travail à la mode libérale (flexibilité) afin d'obtenir un plein emploi socialisé par des mesures de cohésion sociales et cela sous la houlette rassurante du bel  aristocrate garant des valeurs républicaine et du modèle français qu'est Dominique de Villepin, tout en devenant le chef du non français (dixit Philippe de Villiers) pour exercer un chantage nationaliste permanent à la Tatcher sur nos partenaires  ("Retenez moi ou la France du non fait un malheur", et "je veux voir mon fric revenir sous forme d'une Pac pérènnisée"). De plus il met Nico aux commandes du ministère de l'intérieur pour préparer les présidentielle et les législatives de 2007 sous sa direction (et oui!..). Et qui seront les premiers dindons de la farce? Les partisans du non de gauche rendus impuissants par leur alliance de fait avec De Villiers et leur mise à l'écart prévisible par le parti socialiste (oui de gauche). C'est encore plus fort que la stratégie mittérandienne de division de la droite grace à Le Pen. Bravo l'artiste!
Politique fiction? Voire..


L'esprit français et le "non" au référendum

"L’esprit français" et la revendication de son exeptionalité ne sont autres que celles de l’élite dont tout l’effort est de préserver son pré-carré auto-valorisant et le pouvoir d’influence, proprement clérical quand il n’est pas aussi hiérarchique et formel (sanctionnant les écarts), ce qu’il est presque toujours peu ou prou, qu’elle y exerce.

Son universalisme de façade lui interdit de se confronter, sur la question des services publics, avec les expériences des autres, dès lors qu’elle fait de ceux-ci la propriété exclusive de l’appareil d’état centralisé à la française dont ils sont les fonctionnaires appointés et qui leur confère leur pouvoir incontestable. Cet universalisme particulier prétend alors s’imposer en modèle valant pour tous les autres et voit dans les expériences étrangères autant de dévoiements aux principes de la République dont l’élite universaliste franco-française s’arroge de monopole de la juste définition. C’est très exactement une des raisons principale de la victoire du non au référendum sur le TCE qui d’abord été un non à la défonctionarisation des services publics.

Derrière cet universalisme républicain mythique singulier il faut voir la volonté impériale d’imposer aux autres nos propres codes juridiques et politiques. Derrière la République Française il faut toujours percevoir l’empire napoléonnien imposant à toute l’Europe le code du même nom ("la Raison à cheval" disait Hegel en parlant de Napoléon).
Le 25/03/06


Le vote non au TCE est non-fondateur, pour deux raisons:

1)Un non sans oui ne fonde rien, mais défonde et veut défaire ce qui a été déjà fait, sans alternative cohérente à l’échelon de l’Europe; l’expression négative d’un raz-le-bol général est purement destructrice.

2) La majorité de 55% des "non" en France confond le souverainisme de droite et d’extrème droite (+/- 15%) qui refuse une plus grande intégration européenne et veulent sortir de la zone Euro et ceux qui ont appelé à voté non pour plus d’intégration politique, économique et sociale (+/-40%); Ce qui n’en fait pas une majorité politique cohérente pour reconstruire l’Europe sur d’autres bases avec des partenaires qui ont majoritairement ratifié le TCE.

Ceci est confirmé par les conséquences toujours aussi négatives de ce vote qui ne peut réjouir que les souverainistes de droite et d’extrême droite: le grand marché sans contre-partie politique régulatrice perdure, voire s’aggrave, et la capacité d’agir des états européens vis-à-vis des puissance mondiales que sont les USA et la Chine s’affaiblit. Ce sont des faits et les faits sont tétus( Lénine).

Croire que le non est fondateur semble être une illusion d’autant plus tenace qu’elle est démentie par les faits; c’est dans la nature (le définition) de l’illusion de refuser la réalité et la logique pour ne pas prendre conscience de la défaite d’un désir impossible auquel on s’est imprudemment identifié..
Le 27/04/06


Une majorité  de français s'est  trompée de croyances.

Une majorité de français semble désirer croire encore au mythe social-nationaliste d’un état tout puissant tutélaire, protecteur du statut-quo social dans le cadre d’un régime républicain au pouvoir absolu, à l’image du président de la république, authentique monarque élu au suffrage universel et d’un parlement élu au suffrage majoritaire à sa botte.

Cette croyance quasi-religieuse du rôle de l’état-patron empêche de comprendre que le monde a changé et que le social-nationalisme est fini, si tant est qu’il n’ait jamais existé hors des fantasmes de la gauche nationaliste. D’où le refus de tout ce qui pourrait, dans nos traité internationaux, ne pas ressembler à cette conception de l’état entièrement souverain et du "socialiste-d’état", à la mesure des désirs corporatistes des fonctionnaires soi-disant de gauche qui ont voté non au TCE par peur de perdre l’éminence imaginaire de leur rôle et surtout le statut protégé qui est le leur. Ne pas oublier que c’est eux qui ont fait le différence à gauche: leur refus du TCE est le reflet de leur peur de voir l’état jouer un rôle régulateur et non plus dominateur, dont ils croient profiter encore d’une manière illusoire; il ne faut pas non plus oublier que ce modèle est largement partagé par tous ceux qui rêvent de devenir fonctionnaires, dès lors que les gouvernements et les syndicats majoritaires en place n’ont fait jusqu’à présent qu’accroître le sentiment général de précarité par refus de remettre en chantier un contrat de travail unifié et unifiant à la fois plus flexible et plus sécurisant, ce qui est dans l’économie mondialisée qu’est devenue l’économie française, inséparable (sur ce plan du reste on ne peut non plus séparer les grandes entreprises des PMI/PME qui en dépendent)...

Bref les croyances n’ont pas disparues mais elles sont réactionnelles et réactionnaires donc mythologiquement passéistes, par refus du réel et de la compréhension de son évolution mondiale. Il manque en France une croyance raisonnable, lucide et courageuse dans nos capacités d’avenir. Nous en sommes, comme au XIXème, à briser les machines (Mvt anti-nicléaire et anti-OGM) et comme au siècle dernier, lors de la drôle de guerre, à rêver d’une ligne Maginot contre les dangers extérieurs.
le 29/04/06

Mondialisation et libéralisme

"Moi perso je me suis prononcé contre ce traité pour la simple et bonne raison que je ne voyai pas d’interêt à vouloir aligner nos minimas sociaux sur les pays de l’est arrivant dans le marché commun. Essayer de les aligner sur des conditions de vies plus descentes et ne pas ouvrir la CEE au libéralisme et au profit avant tout me parraissait être plus réfléchi ( évidemment çà colle pas trop avec les idées des pdgs de mulitnaitionales... )"

Cette affirmation est tout simplement erronnée : le TCE fait explicitement des minima sociaux et plus généralement de la question sociale, voir des droits sociaux concrets, par delà les principes régulateurs fondamentaux, une question "nationale". On peut du reste regretter qu’il n’aille pas plus loin, mais les mesures institutionnelles permettaient (et à mon avis permettent encore, car le TCE est devant nous, voir la position de l’allemagne et des 15 pays qui l’ont ratifié) de penser que, pragmatiquement, par la force des luttes sociales en Europe sous l’égide de la CSE et relayée par un parlement plus fort et une capacité de prise de décision politique plus grande, les choses auraient pu (et peuvent encore, voir plus haut) aller plus loin dans le sens de l’Europe sociale, chère aux nonnistes de gauche).

Ceux-ci -et c’est un fait, non une opinion- ont donc objectivement servi la soupe aux ultra-capitalistes qui sont contre une Europe plus intégrée sur le plan politique et social et font leur miel aujourd’hui de la faiblesse de l’Europe institutionnelle, à savoir celle issue du traité de Nice ; mais cela cela est encore plus vrai du souverainisme de droite qui est aujourd’hui le plus grand bénéficiaire politique de l’euroscepticisme plus ou moins social-chauvin distillé par la "gôche" de la gauche à l’occasion de la campagne pour (contre) le référendum sur le TCE.

Mais si les nonnistes de gauche ont droit à l’erreur, c’est à la condition de la reconnaître pour l’éviter à l’avenir ; mais il est vrai qu’il est toujours plus gratifiant pour la personne qui a fait cette erreur de nier la réalité pourtant évidente de l’échec de ses ambitions proclamées quant aux conséquences pour l’Europe et la France du refus du TCE, plutôt que de renoncer aux illusions, au départ gratifiantes, auxquelles elle s’est identifiée pour son malheur et le nôtre.

Le 11/05/06


Les citoyens français ont voté contre le TCE, mais il est important de remarquer que:

1) sans proposition alternative positive: souverainistes de droite et nonnistes de gauche qui font la majorité contre ne font aucune majorité pour quoi que ce soit; à moins de supposer qu’ils soient d’accord sur des positions nationaliste de droite; ce que démentent les nonnistes de gauche. Donc...ce non est politiquement un coup pour rien de concret.

2) nous ne sommes pas habilités à décider seuls pour les autres et la majorité des états qui représentent la majorité de la population en Europe ont ratifié le TCE et certains continuent de la faire (référendum ou non c’est, sur le plan pratique, politiquement secondaire) .

Dans ces conditions, le TCE n’est pas mort et les français, par un second vote, ont le droit démocratique de défaire le premier (ce ne serait pas la première fois dans l’histoire et cela est conforme au principe de l’alternance et au droit des citoyens à corriger leurs erreurs: une majorité ne détient aucune "vérité" divine éternelle) qui n’aboutit à rien de bon, sinon à mettre la construction européenne en panne alors qu’il faut qu’elle avance pour faire pièce à l’ultra-libéralisme, lequel ne peut que se féliciter du non français qui lui laisse les coudées poltiquement franches!

En l’état, l’Europe peut difficilement évoluer en un sens plus social; et si les Français veulent rester dans l’Europe ils devront bien faire de nouvelles propositions acceptables par les autres; c’est à dire reprendre en le modifiant à la marge le compromis le plus avancé qui est possible avec nos partenaires: celui du TCE.

C’est la position de Madame MERKEL, des gouvernement allemands, autrichien, espagnol, italien etc.. et j’estime qu’ils ont la raison pour eux: On ne peut avancer en maintenant une position de refus à tout et contre tous.

Le 16/05/06


Laurent Fabius et le silence du PS sur l'Europe

Laurent Fabius ne manque pas d’air : après avoir contribué à mettre la construction européenne en panne et à affaiblir la position de la France dans l’Europe ; il se présente en donneur de leçon et prétend maintenant sauver la mise en se déclarant pour un nouveau traité concocté par ses soins, en vue n’en doutons pas de renforcer ses chances de présidentiables dans et hors son parti. Qu’en dit-il qui bouleverserait la donne ?
Il faut retenir de ces prétendues nouvelles propositions, en vue d’un prétendu plan B pour l’Europe, encore dans les nimbes de son imagination (alors qu’il nous avait affirmé qu’il existait, ce qui faisait de ses propos, venant de quelqu’un qui connaissait la situation, non pas une simple illusion mais un mensonge caractérisé) qu’il voudrait :

1)Reprendre la partie 1 et 2 du TCE assortie d’une charte sociale négociée avec Angela Merkel et éliminer la partie 3 pour mieux la conserver dans les traités existants.

2) Forger une économie libérale européenne plus intégrée et une défense commune. Il n’est pas question de (re)nationalisation, mais de l’exportation dans l’ensemble de l’Union de la définition d’un service public, monopole d’état, dont on exigerait des autres qu’il soit de type français et dont on sait les brillantes performances chez nous. Il ne lui vient même pas à l’idée que de nombreuses entreprises d’état comme l’ EDF, la SNCF, la RATP sont, sur le plan européen, des entreprises concurrentielles libérales comme les autres ; sauf qu’elles se protègent contre le concurrence étrangère sur le territoire national pour mieux attaquer ses concurrents à l’extérieur ; ce qui ne peut faire l’affaire de nos partenaires. Laurent Fabius voudrait-il élargir le monopole franco-français de ces entreprises à l’ensemble de l’espace européen, ou a-t-il l’intention de rapatrier sur le seul territoire national les activités et les capitaux, en partie publics, de ces entreprises ? Nul ne sait et pour cause...

3) Renforcer l’Eurogroupe en lui donnant pouvoir décisionnaire sur la banque centrale sans se poser la question de savoir si l’Allemagne et d’autres partenaires seraient d’accord.

4) N’admettre les nouveaux membres qu’à la condition qu’ils aient atteint nos standards économiques, politiques et surtout sociaux comme s’ils pouvaient le faire en quelques années en dehors de l’Union, tout en condescendant généreusement à les aider, en attendant, de l’extérieur, alors qu’ils sont déjà, de fait, totalement intégrés au marché commun.

Ce qui peut nous rassurer, c’est que le mensonge politique dans le cas de Fabius semble ne pas payer ; ce qui peut nous inquiéter, c’est le vide total de propositions de PS sur la question européenne qui paraît faire le jeu des démagogues socio-nationalistes, voire souverainistes de tous poils.

Prétendre dépasser le clivage entre les partisans, au sein du PS, du OUI et ceux du NON (dit de gauche) au TCE qui a déjà été ratifié (et continue de l’être) par la majorité des états de l’UE représentant la majorité des populations est une absurdité manifeste qui masque mal une tactique qui consiste à ne pas décider pour préserver une éventuelle victoire électorale, sans savoir et que l’on puisse savoir sur quel programme européen, lequel est indissociable de la politique économique et sociale chez nous.

Le TCE est devant nous et non derrière ; le PS le sait mieux que quiconque ; prétendre le contraire c’est, à l’échelon du PS tout entier et non plus seulement de Laurent Fabius, faire acte de mensonge politique électoraliste. Laurent Fabius essaie de se fabriquer une ultime virginité en exploitant ce mensonge à son profit. Comme quoi un mensonge politicien peut toujours en générer un autre.

Le 26/05/06


Qu'est-ce qu'une constitution internationale?

On peut supposer que dans un état souverain une le droit ordinaire suffise à encadrer le domaine social car il n’y pas de grande disparité ; mais la situation est tout autre dans le cadre d’une pluralité d’états souverains qui passent entre eux un traité international (ce qu’est avant toute chose le TCE): si vous voulez échanger économiquement vous êtres obligé d’aller vers une harmonisation sociale, surtout si le principe de la libre circulation des travailleurs est décidé (ce qui est le cas) pour éviter ce que beaucoup craignent à juste titre: le dumping social.

Donc c’est tout à fait erroné de confondre une constitution dans un cadre étatique unique et une constitution qui vise à réguler les relations entre des états différents souverains.

C’est peut-être une des origines du non: les électeurs ont eu du mal à comprendre

1) qu’il s’agissait d’un compromis international donnant/donnant

2) que cette constitution n’a rien à voir avec celle d’un état unique souverain qui peut faire la loi chez lui sans tenir compte des autres, alors que dans le marché commun à construire entre plusieurs états (en particulier avec les nouveaux entrants à la situation très différente) sans frontières, ni protectionnisme, il est indispensable de se mettre d’accord sur des principes économiques et sociaux. L’Europe est une union autant économique que sociale et politique ou mieux dans laquelle les trois aspects sont et doivent liés.

le 24/12/06



"54 % des Français lui ont dit NON ainsi que 60 % des Néerlandais (2 membres fondateurs ainsi que 2 contributeurs nets à votre Europe....ce qui est révélateur du Rejet transnational de votre UE !). "

Le problème est: que faire de ce non, dès lors que la majorité des états européens (18) représentants la majorité des populations qui ont élus leurs gouvernants (après la ratification) et que même en France les non ne sont pas cohérents entre eux ? Il est toujours plus facile de s’allier pour un non politiquement incohérent et sans ligne politique que pour un oui cohérent qui se doit de prendre une décision qui tienne la route ! Il n’ y a donc pas de symétrie possible entre une majorité positive entre une majorité négative .

je vous rappelle que c’est pour des raisons très différentes voire opposées (même en France à moins de supposer que tous les électeurs du non ont voté contre une Europe politique plus intégrée socialement ; ce qui n’est à l’évidence pas le cas du non dit de gauche ) que les français et les hollandais ont voté non.

De plus le marché commun et l’UE transnationale continue sur la base du traité de Nice sans les avancées en terme de pouvoir du parlement européen et autre droits sociaux et individuels du TCE ; ce qui n’est pas un progrès démocratique mais fait tout à fait le jeu des forces ultra-capitalistes mondialisées.

*En fait de refus de l’Europe transnationale les adversaires (pour le moment majoritaire) en France du TCE on reconduit le risque aggravé du grand marché commun sans régulation politique qu’ils dénoncent.

Leur victoire m’apparaît bien comme "de gribouille" et j’espère qu’ils s’en apercevront le plus vite possible: Les adversaires dits de gauche du TCE ont confondu le problème et sa timide première solution ; le problème c’est l’Europe des traités actuels qu’ils refusent, la solution passe par plus de pouvoir au parlement européen et plus de reconnaissance théorique des grands principes sociaux et des droits individuels inscrits dans le TCE ou son successeur.

Mais c’est, comme toujours aux luttes politiques et sociales de faire avancer la réalisation de ces grands principes ; encore faut-il qu’elles soient autorisées partout dans un cadre démocratique plus harmonisé, ce que permet le TCE ou son successeur.

Le 24/12/06


Sarkosy et le mini-traité

Sur le plan du principe un référendum s'imposerait du seul fait que le TCE dans toutes ses parties a été refusé par cette voie.

Mais il y a un paradoxe: tout se passe comme si une majorité  d'électeurs avaient voté lors de ces présidentielles pour ne pas avoir à prendre le risque d'un nouveau référendum, comme s'ils voulaient se déjuger de l'échec du référendum sans prendre  la responsabilité directe de dé-jugement. NS a, en effet, été élu sur la proposition d'une ratification parlementaire, sans que l'on sache précisément si elle comporte la partie 2; la partie 3 restant en vigueur de par les traités antérieurs qu'elle ne fait que recenser. Il est évident que la partie 2 déjà ratifiée par la majorité des états européens, sera l'objet d'une pression sur NS de la part de l'Allemagne et de l'Espagne pour faire échec à la vision purement économique du RU. Il est probable que NS acceptera au final cette partie 2 pour ne pas bloquer une situation intenable (pas de partie 1 sans la partie 2 ) pour la France en Europe et pour se démarquer de la position anglo-saxonne, sauf à abandonner tout espoir d'une plus grande intégration politique en Europe sur laquelle NS est d'accord, quant à la politique de défense et quant à l'une plus grande implication de l'Eurogroupe dans la définition d'une politique économique concertée.

Conclusion: les forces de droite et de gauche qui ont appelé à voter non ont été éliminées de la compétition électorale. Elles n'ont remporté, lors du référendum sur le TCE, qu'une bataille sans lendemain car le non n'était fondée sur aucune cohérence politique. De cette victoire confuse, NS n'a fait que tirer la leçon et les français  l'ont élu en le sachant et lui laissent, de ce fait, carte blanche pour négocier avec nos partenaires, sans avoir à les consulter.

C'est aussi cela la démocratie dite représentative: donner à nos élus le droit de nous sortir une épine que l'on s'était mise dans le pied...

Le 22/05/07