Il ne suffit pas de vouloir l’Europe très sociale dont vous rêvez (mais qui reste à définir) pour l’obtenir comme par magie, dès lors que nos partenaires ne pensent et ne veulent pas nécessairement la même chose que vous. Ce projet de constitution est et reste le meilleur compromis possible entre des positions opposées qui sont celles les différents pays et populations ; par exemple, la libre concurrence est acceptée partout hors de France comme une condition fondamentale de la démocratie. Le TCE équilibre l’économie de marché qui est aussi affirmée dans la constitution française par le renforcement des droits individuels et sociaux qui n’étaient pas reconnus dans les traités antérieurs, ni même dans la constitution française ; de plus il accorde plus de pouvoir réel aux citoyens sur fond de vote proportionnel au parlement européen que la Constitution de la Vème République dans la quelle nous vivons tous depuis plus de 40 ans.
Or la victoire du non pérennise des traités infiniment moins sociaux que le TCE et qui exigent dans plus de domaines que le TCE l’unanimité. C’est un fait et non une opinion (faites une comparaison, cela saute aux yeux) . Les partisans du non de gauche au nom du rêve illusoire d’une constitution enfin socialiste (sans qu’ils en précisent davantage le contenu) ont fait gagner les plus ultra-libéraux en Europe qui, en Angleterre et ailleurs, s’en félicitent ouvertement. Vous aimeriez que tous se plient comme un seul homme à cette volonté française franchement franchouillarde qui s’est exprimé dans le non, sans rien savoir des autres populations, de leurs opinions et de leur expérience historique. En cela vous êtes plus souverainiste encore que les partisans du non de droite : vous aimeriez que la souveraineté française s’étende à toute l’Europe comme au beau temps de la conquète napoléonienne. Sauf que vous n’avez pas d’armée pour le faire et que votre volonté est impuissante à convertir les autres à vos vues.
je parle du TCE au présent, car selon mon
analyse, il
n’est pas mort le 29 mai: déjà 10 pays l’ont
approuvé, dont l’Allemagne qui est
notre partenaire privilégié et doit le rester, et je ne
doute pas que,
dans l'Europe à 27, il revienne sur le tapis sous une forme ou
une autre
(certainement plus sous la forme d’une ratification par
référendum) ,
sinon ce serait la paralysie, la déconstruction
programmée de la
construction européenne et le triomphe de
l'ultra-libéralisme, c'est à dire de la dictature du
capital financier monopolistique dont toute la stratégie vise
à mettre en échec la concurrence libre et non
faussée (voir le cas Microsoft).
Vous ne vouliez pas d'une constitution qui soit un compromis entre les gouvernements et ce que vous avez obtennu c’est l’ultra-libéralisme de la partie 3 sans la contrepartie des droits (partie2 et secteur2 de la partie 3).
Qu’est ce vous avez gagné en votant non ? Le plaisir du dire non comme un enfant dont la rebellion consiste à se taper la tête contre le mur pour faire peur à ses parents. Mais les monopoles et les multi-nationales n’ont rien à faire de vos caprices ; ils croient avoir eu ce qu’ils veulent : un grand marché sans conditions de droits, ni contrôle politique et régulation sociale. Heureusement que la défaite de cette partie n’est pas la fin du jeu.
Vous êtes en tout cas bien en peine de me dire
quelle
économie non marchande, , non libre et faussée vous
voulez. Savez-vous qu’il y a moins de chomage en Angleterre, en
Suède, au
Danemark qu’en France ? Alors pour le modèle
français et les acquis
sociaux vous repasserez (voir aussi la piètre performance de
l’Education
Nationale).
De toute manière si vous aviez lu le TCE vous sauriez que les
acquis
sociaux ne sont pas menacés par l’Europe car ils ne
relèvent pas de
l’UE, mais de chaque état. Comme beaucoup, vous
confondez tout ; mais vous avez une excuse : vous croyez sur
parole les
responsables politiques qui vous ont dit par démagogie que tout
ce qui
va mal vient de Bruxelles. Responsables qui, se faisant, se sont pris
les pieds dans le tapis.
Mais Chirac s'est-il pris les pieds dans le tapis avec ce
référendum? Pas si sûr; il suffit de constater
qu'il trouve dans cet apparent échec une nouvelle
situation et un double nouveau rôle très favorables. Il a
brisé et pour longtemps toute opposition de gauche en la
divisant comme jamais, ce qui lui permet de remettre Nico et Barlo,
côte à côte, en selle, pour enfin détricoter
le droit du travail à la mode libérale
(flexibilité) afin d'obtenir un plein emploi socialisé
par des mesures de cohésion sociales et cela sous la houlette
rassurante du bel aristocrate garant des valeurs
républicaine et du modèle français qu'est
Dominique de Villepin, tout en devenant le chef du non français
(dixit Philippe de Villiers) pour exercer un chantage nationaliste
permanent à la Tatcher sur nos partenaires ("Retenez moi
ou la France du non fait un malheur", et "je veux voir mon fric revenir
sous forme d'une Pac pérènnisée"). De plus il met
Nico aux commandes du ministère de l'intérieur pour
préparer les présidentielle et les législatives de
2007 sous sa direction (et oui!..). Et qui seront les premiers dindons
de la farce? Les partisans du non de gauche rendus impuissants par leur
alliance de fait avec De Villiers et leur mise à l'écart
prévisible par le parti socialiste (oui de gauche). C'est encore
plus fort que la stratégie mittérandienne de division de
la droite grace à Le Pen. Bravo l'artiste!
Politique fiction? Voire..
L'esprit
français et le "non" au référendum
"L’esprit français"
et la revendication de son exeptionalité ne sont autres que
celles de l’élite dont tout l’effort est de préserver son
pré-carré
auto-valorisant et le pouvoir d’influence, proprement clérical
quand il
n’est pas aussi hiérarchique et formel (sanctionnant les
écarts), ce
qu’il est presque toujours peu ou prou, qu’elle y exerce.
Son
universalisme de façade lui interdit de se confronter, sur la
question
des services publics, avec les expériences des autres,
dès lors qu’elle
fait de ceux-ci la propriété exclusive de l’appareil
d’état centralisé
à la française dont ils sont les fonctionnaires
appointés et qui leur
confère leur pouvoir incontestable. Cet universalisme
particulier
prétend alors s’imposer en modèle valant pour tous les
autres et voit
dans les expériences étrangères autant de
dévoiements aux principes de
la République dont l’élite universaliste
franco-française s’arroge de
monopole de la juste définition. C’est très exactement
une des raisons
principale de la victoire du non au référendum sur le TCE
qui d’abord
été un non à la défonctionarisation des
services publics. Derrière
cet universalisme républicain mythique singulier il faut voir la
volonté impériale d’imposer aux autres nos propres codes
juridiques et
politiques. Derrière la République Française il
faut toujours percevoir
l’empire napoléonnien imposant à toute l’Europe le code
du même nom
("la Raison à cheval" disait Hegel en parlant de Napoléon).
Le 25/03/06
Le vote non au TCE
est non-fondateur, pour deux raisons:
1)Un
non sans oui ne fonde rien, mais défonde et veut défaire
ce qui a été
déjà fait, sans alternative cohérente à
l’échelon de l’Europe;
l’expression négative d’un raz-le-bol général est
purement destructrice. 2)
La majorité de 55% des "non" en France confond le souverainisme
de
droite et d’extrème droite (+/- 15%) qui refuse une plus grande
intégration européenne et veulent sortir de la zone Euro
et ceux qui
ont appelé à voté non pour plus
d’intégration politique, économique et
sociale (+/-40%); Ce qui n’en fait pas une majorité politique
cohérente
pour reconstruire l’Europe sur d’autres bases avec des partenaires qui
ont majoritairement ratifié le TCE. Ceci est
confirmé par les conséquences toujours aussi
négatives de ce vote qui
ne peut réjouir que les souverainistes de droite et
d’extrême droite:
le grand marché sans contre-partie politique régulatrice
perdure, voire
s’aggrave, et la capacité d’agir des états
européens vis-à-vis des
puissance mondiales que sont les USA et la Chine s’affaiblit. Ce sont
des faits et les faits sont tétus( Lénine). Croire
que le non est fondateur semble être une illusion d’autant plus
tenace
qu’elle est démentie par les faits; c’est dans la nature (le
définition) de l’illusion de refuser la réalité et
la logique pour ne
pas prendre conscience de la défaite d’un désir
impossible auquel on
s’est imprudemment identifié..
Le 27/04/06
Une
majorité de français s'est trompée de
croyances. Une
majorité de français semble désirer croire encore
au mythe
social-nationaliste d’un état tout puissant tutélaire,
protecteur du
statut-quo social dans le cadre d’un régime républicain
au pouvoir
absolu, à l’image du président de la république,
authentique monarque
élu au suffrage universel et d’un parlement élu au
suffrage majoritaire
à sa botte.
Cette croyance quasi-religieuse du rôle de
l’état-patron empêche de comprendre que le monde a
changé et que le
social-nationalisme est fini, si tant est qu’il n’ait jamais
existé
hors des fantasmes de la gauche nationaliste. D’où le refus de
tout ce
qui pourrait, dans nos traité internationaux, ne pas ressembler
à cette
conception de l’état entièrement souverain et du
"socialiste-d’état", à
la mesure des désirs corporatistes des fonctionnaires soi-disant
de
gauche qui ont voté non au TCE par peur de perdre
l’éminence
imaginaire de leur rôle et surtout le statut
protégé qui est le leur.
Ne pas oublier que c’est eux qui ont fait le différence à
gauche: leur
refus du TCE est le reflet de leur peur de voir l’état jouer un
rôle
régulateur et non plus dominateur, dont ils croient profiter
encore
d’une manière illusoire; il ne faut pas non plus oublier que ce
modèle
est largement partagé par tous ceux qui rêvent de devenir
fonctionnaires, dès lors que les gouvernements et les syndicats
majoritaires en place n’ont fait jusqu’à présent
qu’accroître le
sentiment général de précarité par refus de
remettre en chantier un
contrat de travail unifié et unifiant à la fois plus
flexible et plus
sécurisant, ce qui est dans l’économie mondialisée
qu’est devenue
l’économie française, inséparable (sur ce plan du
reste on ne peut non
plus séparer les grandes entreprises des PMI/PME qui en
dépendent)... Bref
les croyances n’ont pas disparues mais elles sont réactionnelles
et
réactionnaires donc mythologiquement passéistes, par
refus du réel et
de la compréhension de son évolution mondiale. Il manque
en France une
croyance raisonnable, lucide et courageuse dans nos capacités
d’avenir.
Nous en sommes, comme au XIXème, à briser les machines
(Mvt
anti-nicléaire et anti-OGM) et comme au siècle dernier,
lors de la
drôle de guerre, à rêver d’une ligne Maginot contre
les dangers
extérieurs.
le 29/04/06
"Moi perso je me suis prononcé contre ce traité pour la simple et bonne raison que je ne voyai pas d’interêt à vouloir aligner nos minimas sociaux sur les pays de l’est arrivant dans le marché commun. Essayer de les aligner sur des conditions de vies plus descentes et ne pas ouvrir la CEE au libéralisme et au profit avant tout me parraissait être plus réfléchi ( évidemment çà colle pas trop avec les idées des pdgs de mulitnaitionales... )"
Cette affirmation est tout simplement erronnée : le TCE fait explicitement des minima sociaux et plus généralement de la question sociale, voir des droits sociaux concrets, par delà les principes régulateurs fondamentaux, une question "nationale". On peut du reste regretter qu’il n’aille pas plus loin, mais les mesures institutionnelles permettaient (et à mon avis permettent encore, car le TCE est devant nous, voir la position de l’allemagne et des 15 pays qui l’ont ratifié) de penser que, pragmatiquement, par la force des luttes sociales en Europe sous l’égide de la CSE et relayée par un parlement plus fort et une capacité de prise de décision politique plus grande, les choses auraient pu (et peuvent encore, voir plus haut) aller plus loin dans le sens de l’Europe sociale, chère aux nonnistes de gauche).
Ceux-ci -et c’est un fait, non une opinion- ont donc objectivement servi la soupe aux ultra-capitalistes qui sont contre une Europe plus intégrée sur le plan politique et social et font leur miel aujourd’hui de la faiblesse de l’Europe institutionnelle, à savoir celle issue du traité de Nice ; mais cela cela est encore plus vrai du souverainisme de droite qui est aujourd’hui le plus grand bénéficiaire politique de l’euroscepticisme plus ou moins social-chauvin distillé par la "gôche" de la gauche à l’occasion de la campagne pour (contre) le référendum sur le TCE.
Mais si les nonnistes de gauche ont
droit à l’erreur, c’est à la condition de la
reconnaître pour l’éviter
à l’avenir ; mais il est vrai qu’il est toujours plus
gratifiant pour
la personne qui a fait cette erreur de nier la réalité
pourtant
évidente de l’échec de ses ambitions proclamées
quant aux conséquences
pour l’Europe et la France du refus du TCE, plutôt que de
renoncer aux
illusions, au départ gratifiantes, auxquelles elle s’est
identifiée
pour son malheur et le nôtre.
Le 11/05/06
Les citoyens
français ont voté contre le TCE, mais il est important de
remarquer que:
1)
sans proposition alternative positive: souverainistes de droite et
nonnistes de gauche qui font la majorité contre ne font aucune
majorité
pour quoi que ce soit; à moins de supposer qu’ils soient
d’accord sur
des positions nationaliste de droite; ce que démentent les
nonnistes de
gauche. Donc...ce non est politiquement un coup pour rien de concret. 2)
nous ne sommes pas habilités à décider seuls pour
les autres et la
majorité des états qui représentent la
majorité de la population en
Europe ont ratifié le TCE et certains continuent de la faire
(référendum ou non c’est, sur le plan pratique,
politiquement
secondaire) . Dans ces conditions, le TCE n’est pas
mort et les français, par un second vote, ont le droit
démocratique de
défaire le premier (ce ne serait pas la première fois
dans l’histoire
et cela est conforme au principe de l’alternance et au droit des
citoyens à corriger leurs erreurs: une majorité ne
détient aucune
"vérité" divine éternelle) qui n’aboutit à
rien de bon, sinon à mettre
la construction européenne en panne alors qu’il faut qu’elle
avance
pour faire pièce à l’ultra-libéralisme, lequel ne
peut que se féliciter
du non français qui lui laisse les coudées poltiquement
franches! En
l’état, l’Europe peut difficilement évoluer en un sens
plus social; et
si les Français veulent rester dans l’Europe ils devront bien
faire de
nouvelles propositions acceptables par les autres; c’est à dire
reprendre en le modifiant à la marge le compromis le plus
avancé qui
est possible avec nos partenaires: celui du TCE. C’est
la position de Madame MERKEL, des gouvernement allemands, autrichien,
espagnol, italien etc.. et j’estime qu’ils ont la raison pour eux: On
ne peut avancer en maintenant une position de refus à tout et
contre
tous. Le 16/05/06
1)Reprendre la partie 1 et 2 du TCE assortie d’une charte sociale négociée avec Angela Merkel et éliminer la partie 3 pour mieux la conserver dans les traités existants.
2) Forger une économie libérale européenne plus intégrée et une défense commune. Il n’est pas question de (re)nationalisation, mais de l’exportation dans l’ensemble de l’Union de la définition d’un service public, monopole d’état, dont on exigerait des autres qu’il soit de type français et dont on sait les brillantes performances chez nous. Il ne lui vient même pas à l’idée que de nombreuses entreprises d’état comme l’ EDF, la SNCF, la RATP sont, sur le plan européen, des entreprises concurrentielles libérales comme les autres ; sauf qu’elles se protègent contre le concurrence étrangère sur le territoire national pour mieux attaquer ses concurrents à l’extérieur ; ce qui ne peut faire l’affaire de nos partenaires. Laurent Fabius voudrait-il élargir le monopole franco-français de ces entreprises à l’ensemble de l’espace européen, ou a-t-il l’intention de rapatrier sur le seul territoire national les activités et les capitaux, en partie publics, de ces entreprises ? Nul ne sait et pour cause...
3) Renforcer l’Eurogroupe en lui donnant pouvoir décisionnaire sur la banque centrale sans se poser la question de savoir si l’Allemagne et d’autres partenaires seraient d’accord.
4) N’admettre les nouveaux membres qu’à la condition qu’ils aient atteint nos standards économiques, politiques et surtout sociaux comme s’ils pouvaient le faire en quelques années en dehors de l’Union, tout en condescendant généreusement à les aider, en attendant, de l’extérieur, alors qu’ils sont déjà, de fait, totalement intégrés au marché commun.
Ce qui peut nous rassurer, c’est que le mensonge politique dans le cas de Fabius semble ne pas payer ; ce qui peut nous inquiéter, c’est le vide total de propositions de PS sur la question européenne qui paraît faire le jeu des démagogues socio-nationalistes, voire souverainistes de tous poils.
Prétendre dépasser le clivage entre les partisans, au sein du PS, du OUI et ceux du NON (dit de gauche) au TCE qui a déjà été ratifié (et continue de l’être) par la majorité des états de l’UE représentant la majorité des populations est une absurdité manifeste qui masque mal une tactique qui consiste à ne pas décider pour préserver une éventuelle victoire électorale, sans savoir et que l’on puisse savoir sur quel programme européen, lequel est indissociable de la politique économique et sociale chez nous.
Le
TCE est devant nous et non derrière ; le PS le sait mieux
que
quiconque ; prétendre le contraire c’est, à
l’échelon du PS tout entier
et non plus seulement de Laurent Fabius, faire acte de mensonge
politique électoraliste. Laurent Fabius essaie de se fabriquer
une
ultime virginité en exploitant ce mensonge à son profit.
Comme quoi un
mensonge politicien peut toujours en générer un autre.
Le 26/05/06
Donc c’est tout à fait erroné de confondre une constitution dans un cadre étatique unique et une constitution qui vise à réguler les relations entre des états différents souverains.
C’est peut-être une des origines du non: les électeurs ont eu du mal à comprendre
1) qu’il s’agissait d’un compromis international donnant/donnant
2) que cette constitution n’a rien à voir avec celle d’un état unique souverain qui peut faire la loi chez lui sans tenir compte des autres, alors que dans le marché commun à construire entre plusieurs états (en particulier avec les nouveaux entrants à la situation très différente) sans frontières, ni protectionnisme, il est indispensable de se mettre d’accord sur des principes économiques et sociaux. L’Europe est une union autant économique que sociale et politique ou mieux dans laquelle les trois aspects sont et doivent liés.
le 24/12/06
Le problème est: que faire de ce non, dès lors que la majorité des états européens (18) représentants la majorité des populations qui ont élus leurs gouvernants (après la ratification) et que même en France les non ne sont pas cohérents entre eux ? Il est toujours plus facile de s’allier pour un non politiquement incohérent et sans ligne politique que pour un oui cohérent qui se doit de prendre une décision qui tienne la route ! Il n’ y a donc pas de symétrie possible entre une majorité positive entre une majorité négative .
je vous rappelle que c’est pour des raisons très différentes voire opposées (même en France à moins de supposer que tous les électeurs du non ont voté contre une Europe politique plus intégrée socialement ; ce qui n’est à l’évidence pas le cas du non dit de gauche ) que les français et les hollandais ont voté non.
De plus le marché commun et l’UE transnationale continue sur la base du traité de Nice sans les avancées en terme de pouvoir du parlement européen et autre droits sociaux et individuels du TCE ; ce qui n’est pas un progrès démocratique mais fait tout à fait le jeu des forces ultra-capitalistes mondialisées.
*En fait de refus de l’Europe transnationale les adversaires (pour le moment majoritaire) en France du TCE on reconduit le risque aggravé du grand marché commun sans régulation politique qu’ils dénoncent.
Leur victoire m’apparaît bien comme "de gribouille" et j’espère qu’ils s’en apercevront le plus vite possible: Les adversaires dits de gauche du TCE ont confondu le problème et sa timide première solution ; le problème c’est l’Europe des traités actuels qu’ils refusent, la solution passe par plus de pouvoir au parlement européen et plus de reconnaissance théorique des grands principes sociaux et des droits individuels inscrits dans le TCE ou son successeur.
Mais c’est, comme toujours aux luttes politiques et
sociales de faire avancer la réalisation de ces grands principes
; encore faut-il qu’elles soient autorisées partout dans un
cadre démocratique plus harmonisé, ce que permet le TCE
ou son successeur.
Le 24/12/06
Sarkosy
et le mini-traité
Sur le plan du principe un référendum
s'imposerait du seul fait que le TCE dans toutes ses parties a
été refusé par cette voie.
Mais il y a un paradoxe: tout se passe comme si une
majorité d'électeurs avaient voté lors de
ces présidentielles pour ne pas avoir à prendre le risque
d'un nouveau référendum, comme s'ils voulaient se
déjuger de l'échec du référendum sans
prendre la responsabilité directe de dé-jugement.
NS a, en effet, été élu sur la proposition d'une
ratification parlementaire, sans que l'on sache
précisément si elle comporte la partie 2; la partie 3
restant en vigueur de par les traités antérieurs qu'elle
ne fait que recenser. Il est évident que la partie 2
déjà ratifiée par la majorité des
états européens, sera l'objet d'une pression sur NS de la
part de l'Allemagne et de l'Espagne pour faire échec à la
vision purement économique du RU. Il est probable que NS
acceptera au final cette partie 2 pour ne pas bloquer une situation
intenable (pas de partie 1 sans la partie 2 ) pour la France en Europe
et pour se démarquer de la position anglo-saxonne, sauf à
abandonner tout espoir d'une plus grande intégration politique
en Europe sur laquelle NS est d'accord, quant à la politique de
défense et quant à l'une plus grande implication de
l'Eurogroupe dans la définition d'une politique
économique concertée.
Conclusion: les forces de droite et de gauche qui ont appelé
à voter non ont été éliminées de la
compétition électorale. Elles n'ont remporté, lors
du référendum sur le TCE, qu'une bataille sans lendemain
car le non n'était fondée sur aucune cohérence
politique. De cette victoire confuse, NS n'a fait que tirer la
leçon et les français l'ont élu en le
sachant et lui laissent, de ce fait, carte blanche pour négocier
avec nos partenaires, sans avoir à les consulter.
C'est aussi cela la démocratie dite représentative:
donner à nos élus le droit de nous sortir une
épine que l'on s'était mise dans le pied...
Le 22/05/07