Egalité et différence: le question des femmes.

" On peut affirmer sans hésitation que le caractère des femmes a été déformé par leurs relations avec leurs maîtres beaucoup plus que dans les autres exemples de subordination….Dans le cas des femmes, on a toujours cultivé en serrechaude certaines de leurs capacités de leur nature dans l’intérêt et pour le plaisir de leurs maîtres…De toutes les difficultés qui retardent le progrès des idées et la formation d’opinions bien fondées sur la vie et les institutions sociales, la plus grande est à ce jour l’ignorance et l’indifférence inexprimables de l’humanité vis-à-vis des influences qui forment la personnalité humaine…On ne pourrait qualifier de naturelles que les différences qui ne pourraient être artificielles, c’est-à-dire, ce qui resterait après avoir écarté toutes les caractéristiques de chaque sexe pouvant s’expliquer par l’éducation ou les circonstances extérieures….L’opinion générale des hommes veut soi-disant que la vocation naturelle de la femme soit le mariage et la maternité. Je dis « soi-disant » car si l’on juge d’après les faits, d’après l’ensemble de la constitution actuelle de la société, on pourrait en déduire qu’ils ont une opinion diamétralement opposée. En effet, on pourrait croire que pour les hommes, la prétendue vocation naturelle des femmes est ce qui rebute le plus leur nature, dans la mesure où ils semblent considérer que, si elles étaient libres de faire autre chose, si d’autres modes de vie ou d’autres moyens d’occuper leur temps et leurs facultés susceptibles de leur plaire leur étaient offerts, il n’y en aurait pas assez qui accepteraient leur condition dite naturelle. Si c’est l’opinion des hommes en général, il serait bon qu’elle soit exprimée à haute voix. J’aimerais entendre quelqu’un énoncer ouvertement la doctrine suivante, déjà impliquée dans tout ce qui est écrit sur le sujet : « Il est nécessaire à la société que les femmes se marient et fassent des enfants. Elles ne le feront pas sans y être forcées. Donc, il faut les y forcer ".
Stuart Mill

La place des femmes dans la cité
 
 

Toute culture, pour pérenniser l'ordre social et politique existant, a tendance a classer les hommes hiérarchiquement selon des caractéristiques et des critères d'évaluation prétendument naturels. Ces critères et performances confondus sont tenus pour objectifs et donc indiscutables; c'est-à-dire inscrits dans la nature et le patrimoine génétique des individus, des groupes ou des sexes. Cette "croyance" engendre toute les variantes du racisme, du sexisme et du socio-biologisme. Or, je veux ici démontrer, après Rousseau (qui n'en a pas tiré toutes les conséquences à propos du statut des femmes), que cette croyance dans le fondement naturel de la hiérarchie sociale est une absurdité épistémologique et une illusion subjective; la seconde étant la cause de la première.

- L'inégalité "naturelle": une absurdité épistémologique:

Un fait n'est pas une norme ni une valeur. Un homme est ce qu'il fait et manifeste par ses comportements, ses performances plus ou moins objectivement observables, voire, ce qui est plus problématique, ses capacités potentielles; mais la question de savoir ce qu'il vaut, relève d'un choix normatif qui n'est pas déterminé par le nature de ces "faits" constatables, mais par l'application sur ces "faits" de valeurs qui expriment un certain idéal, toujours discutable, de l'homme, en vue d'un certain usage social et professionnel. Quand on dit qu'un homme vaut plus en intelligence qu'un autre, il faut toujours ajouter: "quelle intelligence, dans quel contexte et pourquoi faire?". Rien ne permet de dire qu'un élève qui est le premier à l'école est plus intelligent que le cancre qui se débrouille mieux sur un terrain de foot, ou pour bricoler une mobylette et monter des coups avec les copains de sa bande. La réalité ne permet de définir aucune morale; elle n'est que l'ensemble des phénomènes observables plus ou moins prévisibles selon des lois hypothétiques; et, en cela et en elle-même, elle n'est ni bonne, ni mauvaise, c'est toujours nous qui la jugeons telle en fonction de nos désirs conditionnés par des valeurs, des usages et des conventions socialement déterminés. Un jugement de valeur est toujours l'expression d'un désir subjectif, plus ou moins généralisé et artificiellement produit dans une contexte social donné; or, dès lors qu'on ne le reconnaît pas comme tel et qu'on croit que la valeur est dans la chose ou l'individu, on est victime d'un artefact, illusion qui attribue à l'objet même un effet produit par les conditions subjectives et objectives.de notre regard sur lui. La confusion entre jugement de réalité et jugement de valeur est, du point de vue épistémologique la source même de ce qui fait principalement obstacle à recherche de la vérité: l'illusion.

- L'inégalité naturelle: une illusion idéologique:

L'illusion idéologique est toujours le produit de la confusion positive ou négative de nos désirs et de la réalité; croire que nous désirons une chose parce qu'elle est bonne (ou que nous la haïssons parce ce qu'elle est, en elle-même, mauvaise) et/ou qu'elle est réelle et/ou réalisable parce que nous la désirons engendre tous les délires individuels ou collectifs.
Or l'idéal de la vérité exige, au contraire, un décentrement critique vis-à-vis de nos désirs pour distinguer ce qui est souhaitable de ce qui est possible, ne serait-ce que dans le but d'être plus l'efficace quant à la réalisation pratique d'un compromis réalisable entre nos désirs et la réalité (compromis que j'appelle un projet autonome). Ceci vaut particulièrement pour les délires socio-biologiques et racistes: être raciste ou sexiste c'est croire que les autres, parce qu'ils semblent à tort ou à raison différents, sont naturellement inférieurs, ce qui justifie leur domination voire leur destruction violentes. Cela "nous" conforte dans l'illusoire croyance en "notre supériorité" indiscutable. La violence, comme expression d'un désir narcissique individuel et/ou collectif exclusif, auto alimente spontanément par les effets de peur et de haine qu'elle produit sur les autres et dont elle fait illusoirement sa cause extérieure, en un cercle symbolique réellement vicieux. De cette spirale "infernale" on ne peut sortir qu'en renonçant à l'idée qu'un jugement de valeur est naturel, alors qu'il n'est que moral et donc mérite justement discussion avec les autres pour se remettre en question et se réévaluer aux vus des effets qu'il produit sur eux.

- Différences et égalité de valeur

Que les hommes (et les femmes) soient différents entre eux, selon leur apparence ou leurs comportements et performances, ici et maintenant constatés dans tel ou tel contexte, ne signifie pas qu'ils ne puissent changer d'une part, et surtout qu'il soient moralement hiérarchisables, alors que leurs actes peuvent l'être au regard des effets produits sur eux et les autres selon la définition conventionnelle de valeurs et de références fonctionnelles déterminées; or une telle définition ne relève en démocratie que d'un débat public et rationalisé sur les conditions réciproques du bien-vivre ensemble et non d'une prétendue nature ou d'un quelconque commandement divin (ce qui pour certain(s) revient au même).
Reconnaissons que les hommes sont semblables entre eux sur deux points essentiels: leur aptitude à dialoguer entre eux par le corps, le geste et la parole et à être reconnu comme valeur par les autres dès lors qu'ils peuvent se donner consciemment et revendiquer des fins propres (autonomie) et se poser comme fin de leur action (le bonheur c'est être content de soi)). Cette commune humanité suffit à les égaliser moralement: chacun a un égal droit au bonheur comme affirmation créatrice et reconnaissance de son autonomie. Cette égalisation nous interdit de transformer leurs différentes performances comportementales apparentes, toujours contextualisées, en justification de quelque rapport de domination ou de destruction que ce soit: juger et punir un acte criminel dans un procès dans lequel l'inculpé peut faire valoir le droit de se défendre, c'est reconnaître la valeur du condamné en tant qu'être autonome (à condition de ne pas ensuite le tuer et de ne pas l'humilier par une peine moralement dégradante ne lui laissant aucune possibilité de se redéfinir).

- L'accès des femmes au pouvoir

Les femmes sont plus ou moins différentes des hommes, quelque soit la nature symbolique ou réelle de cette différence; mais la hiérarchie soi-disant "naturelle" établie traditionnellement entre eux et elles quant à l'accès aux fonctions de pouvoir dans la vie publique, doit toujours être suspectée de faire faussement apparaître comme légitime (naturel = normal) la reproduction d'une domination politique moralement injustifiable au regard du désir légitime des femmes à l'autonomie; lequel doit être supposé égal en droit à celui des hommes. Cette domination, toutes les enquètes le confirment, s'exprime sans fard dans le travail et la politique; les femmes ont donc d'excellentes raisons de se sentir injustement victimes d'une situation de fait que le droit, dans nos sociétés qui se veulent démocratiques, ne peut longtemps tolérer. Ce divorce entre le fait et le droit démocratique légitime en droit comme en fait leurs revendications à l'égalité sociale et politique ainsi que la révolte des femmes (et des hommes) pour que cela change par tous les moyens légaux, psychosociologiques, idéologiques et politiques.
Ceci ne veut pas dire qu'aucune hiérarchie des responsabilités professionnelles et/ou politiques entre les hommes (y compris les femmes) n'est justifiable, mais seule est justifiée celle qui soumet les dirigeants à la loi égalitaire qui leur ordonne d'utiliser leur compétences au service des autres en se soumettant par contrat à leur évaluation désirante rendue raisonnable par l'éducation à la morale civique; laquelle repose sur les exigences de la solidarité, de la mutualisation réciproque des intérêts matériels et moraux et du respect du désir d'autonomie de chacun.
Or rien n'indique que les femmes soient moins compétentes que les hommes pour accéder au savoir et aux responsabilités professionnelles et politiques. Sur ce point il est même permis de penser que la capacité de compréhension des autres et la résolution légendaire de leur désir à donner la vie plutôt que la mort qu'on leur reconnaît symboliquement (dans le cadre de leur rôle domestique traditionnel) puissent leur conférer un avantage, au moins temporaire, sur eux: Si l'accès des femmes au pouvoir permettait d'en démocratiser l'exercice, selon des valeurs moins "terroristes" et plus "féminines", qui oserait s'en plaindre?

- Conclusion: la loi sur les quotas

A ceux qui, pour justifier le statu-quo, disent que les femmes ne sont pas faites pour le pouvoir, ou qu'elles n'en veulent pas, on peut tranquillement répondre qu'il conviendrait de changer le pouvoir pour le rendre moins violemment viril et plus juste. S'Il faut, en effet, qu'elles veuillent le pouvoir; pour le vouloir, il conviendrait qu'elles y aillent pour le changer et qu'elles le changent pour le vouloir. Et c'est dans le cadre de ce cercle qu'il faut tenter de rendre vertueux, qu'il faut s'interroger sur le proposition politique de la loi sur les quotas visant à "favoriser"l'élection des femmes dans les organes politiques et économiques de décision .
 

Sylvain Reboul, le 08/11/97. 


La parité est aujourd'hui nécessaire.
 
 

La loi libérale a deux fonctions:

1) Etablir les obligations et les interdictions qui semblent nécessaires à tel ou tel moment pour préserver l'ordre public, et la conception que l'on en a peut évoluer. (ex: l'avortement)

2) Garantir les libertés fondamentales et l'égalité des chances dans l'accès aux responsablilités.

Aujourd'hui, on constate que les femmes sont dans les faits  sinon exclues du  moins empéchées ou génées dans la mise en eouvre du principe de l'égalité des chances qui leur est en droit reconnu: cette contradiction entre la pratique et le droit peut-être considérée comme une source de conflits réels ou potentiels qui peuvent être compris comme un motif de trouble de l'ordre public. Si les femmes renoncent à leur droit par l'effet de contraintes extérieures ou de le conviction
que leur place n'est pas de partager le pouvoir social avec les hommes mais d'exercer essentiellemnt leur responsabilités familiales, ce trouble de l'ordre public reste latent, mais le principe même de l'égalité des chances constitutif de l'ordre public démocratique est compromis dans son application et cette atteinte laisse entier le risque
de conflit, dès lors que toutes les femmes ne peuvent être en accord sur ce point; de plus,les convictions et les contraintes sociales sont bien souvent interdépendantes et l'on ne peut jamais assurer que les femmes
ne sont pas contraintes de renoncer à leur droit à l'égalité des chances, lors même qu'elles semblent l'accepter.

La loi sur la parité cherche simplement à restaurer l'ordre public compromis par la réelle inégalité des droits dont les femmes sont victimes pour mettre les pratiques en accord avec les principes libéraux de notre société. Dans une société non-libérale (et donc traditionnelle) le problème est traité par la formalisation en droit de l'inégalité statutaire considérée comme naturelle entre les hommes et les femmes, cette  inégalité en droit est rendue incontestable par la pression du groupe et le recours à la religion, c'est- à-dire à l'autorité transcendante et indiscutable de(s) Dieu(x) comme fondement sacré de l'ordre public.

Cette loi sur la parité est une donc loi corrective temporaire: elle vise à corriger une injustice contraire à la conception libérale et universaliste de l'ordre public; lorsque cette inégalité aura été résolue dans les faits, alors la pertinence de cette loi sera obsolète; le seul principe formel de l'égalité des droits suffira à l'exercice de son application et l'ordre public libéral sera restauré sans loi sur la parité. La constitution qui peut être changée dans le seul but de faire
vivre la loi libérale pourra à nouveau être modifiée en conséquence: la loi doit en permanence s'ajuster à la réalité pour mettre en oeuvre efficacement son souci de maintenir ou de restaurer l'ordre public libéral. En l'occurence, il n'était pas possible de faire adopter la parité  par une loi ordinaire (qui aurait été inconstitutionnelle), il convient de changer temporairement la constitution dans le seul but d'assurer dans les faits le principe universaliste de l'égalité des
chances.

Les compétences des individus ne sont  pas en cause: une femme peut être au moins aussi compétente qu'un homme dans les fonctions de responsabilités politiques (ou économiques); mais cette compétence a aujourd'hui moins de chance de pouvoir s'exprimer et si certaine femmes  apparaissent comme moins compétentes, on trouvera toujours d'autres plus
compétentes qu'elles. Ceci dit la compétence politique est une question d'expérience et de pratique et les femmes doivent avoir les mêmes chances que les hommes de faire leur apprentissage sur le tas en participant aux responsablités.
Le temps fera la sélection entre les femmes, comme entre les hommes. Nul ne vote pour l'éternité!
S.Reboul, le 02/06/99 


 Conclusion:

Nous vivons dans une société libérale, pluraliste et démocratique, qui ne peut et ne doit plus faire référence aux traditions religieuses et conventionnelles pour imposer une stricte distribution inégalitaire des pouvoirs et responsabilités entre les hommes et les femmes ; sinon elle devrait renoncer et faire renoncer à l’idée du droit universel au profit d’un droit hiérarchique et elle ne pourrait le faire, aujourd’hui, que par recours à le violence extrême. Ceci entraîne 5 conséquences :

1)  Les rôles sexuels relèvent de la vie privée, voire de la vie intime, et non d’un statut politico-social ; le seule limite à l’autonomie sexuelle est le refus de la violence et de la domination (ex :pédophilie, harcèlement etc..)
2)  Les rôles parentaux doivent être négociés dès lors que l’autorité est définie comme indissociablement parentale ; leur complémentarité éventuelle et leur partage ne doit pas être régis par le droit ou un quelconque règlement publics mais relèvent d’une libre négociation privée dans laquelle chaque partenaire détient les mêmes droits et est coresponsable de l’exercice des devoirs communs.
3)  L’égalité sociale n’est pas l’indifférence ou la non-différence mais l’égalisation des chances dans l’accès au pouvoir et aux responsabilités politiques et économiques.
4)  Les différences d’approches et de valeurs normatives éventuelles (acquises ou non, ce n’est pas le problème) ne fondent en rien une quelconque inégalité politique et/ou économique et sociale, mais doivent rendre possibles et nécessaires des évolutions et des compromis quant aux finalités et aux conditions d’exercice du pouvoir (Compétition/coopération ; Efficacité objective/Compréhension subjective etc..).
5)  La lutte pour l’égalité des hommes et des femmes dans l’accès aux responsabilités est donc une nécessité pour démocratiser la vie politique.

S.Reboul, le 18/10/99 


Remarque parfois entendue

"les femmes ont cru qu'il leur fallait ressembler aux hommes et ainsi se sont mises en marche pour conquérir des droits, aliénant au passage leur féminité."

Commentaire:
L'égalité des droits n'impliquent aucunement l'indifférenciation des comportements au contraire. Les droits ne sont pas des contraintes, sinon celle qui consiste à respecter les droits des autres, mais des libertés garanties pour donner à chacun le maximum de marde de manoeuvre afin de construire son projet de vie sans nuire aux autres.

Exemple1: le droit l'avortement est reconnu aux femmes en tant que biologiquement femmes mais n'entraine aucune obligation d'avorter pour être femme.

Exemple2: le droit au travail ne signifie nullement qu'il soit interdit aux femmes et aux hommes de ne pas exercer une profession pour d'autres activités dites domestiques.

Ce qui est important c'est que chacun(e) puisse avoir le choix sans être contraint(e) par une quelconque loi présentée comme naturelle ou biologique de jouer un rôle social prédéterminé selon un genre socialement et autoritairement construit, codé et imposé. Les femmes, selon leurs compétences, doivent avoir le droit d'exercer la profession de leur choix à leur manière féminine si elles le désirent. Si cette féminité a des racines biologiques, elles le feront savoir et valoir de toute manière et agiront en ce sens, au bénéfice de l'universel humain. C'est à chaque femme dans toutes ses activités sociales, professionnelle, et privées d'exprimer, comme elle le désire, l'idée qu'elle se fait ou ne se fait pas de sa féminité. La biologie est une chose et l'usage personnel et social que l'on en fait autre chose. La biologie humaine est assez labile et flexible pour autoriser l'autonomie qui n'est pas l'indépendance. Il faut, en effet, distinguer disait Kant l'anthropologie théorique qui définit ce que la nature fait de nous de l'anthopologie pragmatique qui concerne ce que nous faisons de notre nature.
S. Reboul, le 15/03/05


Egalité et différence

je refuse par contre la confusion logique que vous faites entre "être semblable" et "être inégaux". Les libertés ne concernent pas des semblables mais, au contraire, des individus différents qui ont des droits égaux. Le libéralisme qui est au fondements de notre idée d’égalité des droits-libertés affirment que les individus sont différents dans leurs talents, intérêts, valeurs personnelles etc.. et à ce titre doivent jouir de droits fondamentaux égaux pour rendre possible une vie sociale et/ ou une coopération pacifiques.

De même l’inégalité n’est jamais qu’une inégalité des droits et/ou des pouvoirs et celle-ci ne signifie pas que les individus soient différents; mais que certain, bien que semblables aux autres les dominent. Le semblable est de fait, l’égalité est de droit et la seconde ne repose pas sur le premier, sauf pour qui croient que les inégalités sociales sont, au fond, naturelles et que certains sont par nature dominants et d’autres dominés. Ce qui revient toujours à interdire ou à limiter la possibilité aux seconds d’accéder au statut de sujet de droits.
Le 14/03/06


La question des quotas entre hommes et femmes

Sur la question des quotas il ne faut pas confondre deux plans: celui de but et celui des moyens. le but est l’égalité sociale entre hommes et femmes dans une situation qui est profondément inégalitaire, tout au moins en ce qui concerne le pouvoir formel (hiérarchique). S’il n’est d’autres moyens de vaincre cette inégalité pour assurer cette égalité, alors, comme parfois il n’est d’autre moyen de faire la guerre pour avoir la paix, il faut avantager les femmes (quota) temporairement, en tant que cet avantage n’est qu’un correctif à un désavantage réel. Celui-ci disparu la nécessité de maintenir cet "avantage" (qui n’en est pas un), cessera.

Ceci vaut pour tous ceux qui sont victimes d’une discrimination par le seul fait de leur sexe , de leur race ou de leur prétendue religion, sauf celle qui revendique le maintien des inégalités. Question de logique pragmatique: qui veut la fin veut les moyens, ainsi dans le domaine sportif (voile) on peut introduire des "handicaps" pour juger, dans l’égalité, des résultats entre les compétiteurs.

La juste question est donc bien de savoir à partir de quand un avantage-correctif temporaire devra cessé, c’est à dire quand l’égalité réelle des chances sera atteinte grâce à ce correctif. Ce sera difficile mais pas impossible, dès lors que nous pouvons disposer d’indicateurs fiables.
Le 29/03/06


Ségolène Royal et la politique

S'il faut refuser de faire du genre socialement construit quant aux relations entre les hommes et les femmes  une question biologique de sexe,  la difficulté est précisément de sortir du jeu de rôle faussement sexuel qui assigne à chacun une identité prétendument naturelle pour contraindre à se valoriser socialement au travers de ce rôle, à condition d’en respecter les codes et les positions hiérarchiques dans l’ordre du pouvoir politique au plus niveau (et j’ajouterais religieux dans le registre précisément catholique et salique qui survit, sous des formes laïques, dans notre pays).

Reste la question d’une transformation possible du pouvoir formel et des valeurs et critères symboliques qui lui sont associés si l’on accepte que les valeurs socialement accordées au genre féminin soient considérées comme valant tout autant que celles qui sont accordées à la virilité dans l’exercice du pouvoir hiérarchique, voire d’une possible inversion temporaire, dialectique historique oblige, de la figure du pouvoir, que Ségolène Royal  à tenté et avec quelque succès vis-à-vis des jeunes et moins jeunes militants et électeurs de PS, d’incarner dans sa démarche de "démocratie participative" ; laquelle est son apport fondamental à la pratique politique.

Cette transformation  serait par delà les programmes dont nul ne peut dire sans mauvaise foi que celui de Ségolène Royal  était vide -preuve en est que Nicolas Sarkozy s’empresse d’en reprendre en apparence les lignes de force (environnement, sécurité sociale professionnelle, parité, démocratie plus directe etc..) le signe que la politique doit changer dans ses codes et référents symboliques.

Une telle évolution des valeurs associées à l’exercice du pouvoir serait un progrès pour l’idée démocratique, laquelle refuserait alors d’enfermer la décision politique dans un cadre technocratique et machiste dont la représentativité prétendument neutre du point de vue du genre est plus théorique (et donc illusoire) que réelle.

Le 24/05/07



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