Désir, motivation et sociétés..
Débat sur agoravox.

Sylvain Reboul:
Au plus profond de toute motivation l’humaine s’impose partout, non le besoin mesuré et rationnellement finalisé, mais le désir ou l’amour de soi comme mode positif et valorisant de la conscience de soi . Le désir des choses ou du statut que l’autre en tant que rival objet/sujet de notre désir d’être n’est autre que l’expression d’un désir de prendre sa place et de jouir du statut qu’il exhibe au travers des marques de sa puissance .

Seuls le pouvoir, l’amour de l’autre comme expression de l’amour de soi, le luxe ostentatoire sont désirables. Avoir plus c’est paraître plus ; dominer c’est être plus ; aimer, c’est aimer être aimé plus que quiconque. Toujours le désir de reconnaissance valorisante (Hegel): dans le paraitre l’avoir, le pouvoir(de domination) ou l’amour.. ;

Ce que le droit moderne a inventé c’est la reconnaissance réciproque, à savoir l’égale dignité pacifiante (ou égalité des droits) , mais objet d’une compétition régulée symbolique incessante aux dépens de l’ honneur toujours statutaire et inégalitaire en droit et donc potentiellement hyper-violent dans un monde qui ne connaît plus de hiérarchie naturelle divinisée, donc consentie..




> « Je veux ! » Les racines anthropologiques des crises expliquées aux nuls
par Idaho (IP:xxx.x13.41.108) le 2 décembre 2008 à  21H33
Tout ceci est très juste mais il faut ajouter une remarque sur ce que chacun refuse de reconnaître et qui pourtant est sous jacent à cette attitude de compétition: l’absence d’être en soi et l’absence de discernement dans l’autre d’une égale vacuité.

L’ensemble constitue une gigantesque arnaque: personne n’avoue son absence d’être et donc chacun pense discerner en l’autre, qui soutient toujours son mensonge (admirez moi ! quand il sait lui aussi qu’il est pitoyable), cet être qui fait rêver.

Une solution théorique de votre dilemme serait que tout le monde reconnaisse en choeur son insondable vacuité (d’où grands dieux aurions-nous de l’être ?).

Ou alors il nous faut reconnaître une soif inextinguible d’être, reconnaître la sotte déviance que nous lui faisons subir en cherchant à l’étancher auprès d’autres volailles du même poulailler, enfin chercher s’il n’y aurait pas véritablement un être capable de nous donner de cet être !




> « Je veux ! » Les racines anthropologiques des crises expliquées aux nuls
par Jorge Atlan (IP:xxx.x1.157.157) le 2 décembre 2008 à  16H00
Votre postulat de base est déja érroné. Vous réduisez une situation complexe d’interaction entre individu en un simple affrontement, sans en developper les régulateurs sociaux que sont les adultes, les interdits et j’en passe.Si vous vous targuez d’un peu d’interêt pour l’éthologie, vous n’êtes pas sans savoir que même les animaux ont mis en place des processus de gestion de la colère, de la frustration et de l’apaisement des conflits. Quand aux humains d’un trait général on appelle ca la culture, la politesse et le savoir vivre..

Vision pseudo Darwinienne de la compétition qui date un peu et reflète un mensonge qui a permit entre autre d’imposer la propagande "néo liberale". Et non dans la nature, le plus fort ne survit pas forcement

Vous ne pouvez pas passer de l’organisation et du fonctionnement d’un groupe a la systèmique d’une civilisation. Les éléments ne sont pas transposables, ni ne peuvent être étendu dans la même logique. Réduire les flux et courants agitant une société a l’expansion d’un phénomène de frustration individuel est on ne peut plus déplacé. Une société n’est pas la somme des "névroses" de ces composants...
Vous devriez vous replonger dans vos lectures par ce que vos arguments ne tiennent pas la route que cela soit d’un point de vue enthonoligique ou éthologique.

Je vous conseille la lecture des livres de Howard Bloom: "Le principe de Lucifer". Pour avoir une vision un peu plus précise des forces et flux a l’oeuvre dans une civilisation.
Essaie raté dès les premisses. Dommage



> « Je veux ! » Les racines anthropologiques des crises expliquées aux nuls
par Sylvain Reboul (IP:xxx.x53.238.106) le 2 décembre 2008 à  20H29
Les modes de gestion symbolique du désir de reconnaissance sont en effet nombreux mais tous peuvent se réduire à deux: coopération compétitive pacifique ou concurrence plus ou moins violente ; mais il n’existe pas de conduite humaine positive possible hors de l’amour de soi plus ou moins articulé à l’amour ou aux désirs des autres.

C’est La Rochefoucault qui a raison. Les motivations sans image positive de soi donc dans narcissisme plus ou moins projeté sur les autres et médiés par leur désirs ne sont que des fictions théoriques ou religieuses. Qui ne s’aime pas soi-même ne peut aimer personne. Qui se sent humilié est incapable de coopérer. L’amour de soi est la condition nécessaire de tout désir positif (amitié) ou négatif (vengeance). La peur ne génère qu’un besoin et non pas un désir.

Vous n’avez lu qu’une partie de mon propos






> « Je veux ! » Les racines anthropologiques des crises expliquées aux nuls
par Jorge Atlan (IP:xxx.x1.157.157) le 2 décembre 2008 à  17H32
@ Butlers,
Où voyez vous de mauvaises pensées ?
Ne sommes nous pas multiples, complexes et avec bien des dimensions ?
Observateur et attentif. J’avoue qu’il m’arrive de commettre des textes, ailleurs et d’autres natures. Cette information apporte t elle une donnée qui puisse donner une autre perspective à ma réaction a ce texte ?

Neanmoins, pour en revenir au sujet, il est vrai que je suis a la limite du sujet sachant que l’on parlerait plus d’apprentissage, social, culturel, comportemental et cognitif.
Nous avons certes la pulsion de désirer l’objet de désir d’autrui, c’est le principe sur lequel s’appuie la pub, mais nous apprenons aussi a gérer nos frustrations, a les sublimer.
Si nous en étions resté au stade du reptile, il est vrai que la réponse programmée serait de s’approprier et donc de violenter le détenteur de l’objet du désir.. Mais notre cerveau a évoluer et nous avec, nous nous sommes " culturés", si je puis dire.
Et je le rapelle une société, un groupe n’est pas la somme de la frustration de ces composants.



> « Je veux ! » Les racines anthropologiques des crises expliquées aux nuls
par Sylvain Reboul (IP:xxx.x53.238.106) le 3 décembre 2008 à  09H47
"Et je le rappelle une société, un groupe n’est pas la somme de la frustration de ces composants."

Ce que je n’ai jamais dit, car tout groupe doit établir pour fonctionner en relative cohérence des modes de gestion de la reconnaissance qui réduit les effets violents de la frustration (et frustration il y a toujours au coeur de tout désir que je distingue du besoin) et cela dans toute société, en la mettant au service du groupe et/ou par le jeu des institutions compétitives régulées et du droit et plus -et de plus en plus- en faisant que chacun puisse se donner en spectacle à la télé ou par internet (comme nous le faisons ici) (sociétés modernes) ou en faisant de la frustration, dès lors consentie, une promesse de salut post-mortem (béatitude) (sociétés religieuses traditionnelle).

Nous vivons en l’absence du jugement dernier et de la croyance certaine en une vie après la mort, Dieu est politiquement mort chez nous et cela change tout en effet, quant aux modes de gestion de la reconnaissance compétitive dans l"égalité des droits formels (ce qui ’exclut en rien la coopération, l’amitié ou l’amour, mais ceux-ci sont aussi des combats régulés de désirs mutuels pour la reconnaissance).

Vouloir réduire les effets violents de la frustration sans faire passer cette réduction par le droit égalitaire c’est nécessairement en revenir à une position religieuse du salut indissociable d’une soumission à une morale commune prétendument transcendante. Dieu est alors l’autre nom pour dire la société dans son pouvoir rendu par cela même incontestable sur les individus (Durkheim) .

La question est donc bien celle de la place que l’on accorde à la liberté individuelle et au pluralisme dans nos options philosophiques et politiques ;
Sylvain Reboul

La coopération est excellente pour l’intérêt mutuel toujours négociable (donnant/donnant ou gagnant:/gagnant)

Le sacrifice est nécessaire au salut comme accomplissement du désir de reconnaissance, ici bas ou post-mortem: Il est une dette a payer pour le mériter et/ou à faire payer par qui et pour qui on se sacrifie: "Moi qui me suis sacrifié pour toi, Voilà comment tu m’en remercies !..."

Gaspillage, gratuité et ostentation vont (ou mieux font un) ensemble: je dirais en effet que les deux premiers sont d’excellents moyens (entre autres) du dernier.

Renonçons à faire de la morale de bazar ou mieux de sacristie (sacrifice= renoncer à soi au nom du sacré) sous le fallacieux prétexte de refuser la psychologie ; ce qui est à l’évidence, sur ce genre de sujet, est absurde.

Le 04/12/08

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